1. Bert, où, quand, comment et pourquoi es-tu devenu DJ ?
J'ai débuté dans les Block Parties, avec des types de mon quartier comme Run DMC, LL Cool J et d'autres, à Hollis, dans le Queens. Ces parties m'ont ensuite amené à faire des « House parties ». Ensuite j'ai travaillé dans un magasin de disques, et c'est ce job qui m'a permis d'obtenir mon premier gig payé. C'était au club Infinity's, sur Broadway, pour Maurice Brahms. Jim Burgess était le résident, mais il n'avait pas voulu jouer. C'était une soirée « Roller Skating », et c'est donc moi qui l'ai faite.
John Addison était venu, et la semaine suivante je faisais les lights pour Francois K et Raul Rodriguez, et de temps en temps, je mixais même au club New York, New York. Un ami à moi, Joel, travaillait au club Les Mouches et au This + That Gallery, le club de Nicky Siano et c'est lui qui m'a permis de jouer dans des soirées privées, au club Les Mouches.
2. Dans les années 70, c'était plus simple qu'aujourd'hui pour décrocher une place de résident, ou même des guest spots?
Non, je ne pense pas. Les bonnes résidences sont dures à trouver. Seuls des clubs exceptionnels arrivent à percer de temps à autres... Dans un premier temps tu dois faire tes preuves, en faisant les lights d'abord. Larry, François, Franckie, ils l'ont tous fait, et moi aussi.
3. Comment es-tu arrivé à avoir cette place au Studio 54?
Je faisais les soirées privées. C'est Leroy Washington qui m'avait obtenu ce créneau. C'est sans doute un des types les plus sympathiques que tu puisses rencontrer...
4. Etais-tu résident ou seulement un régulier? (Je te pose cette question en raison du nombre incroyable de résidents du Studio 54 : Richie Kazor, Nicky Siano, Leroy Washington, Kenny Carpenter, etc...)
Les premiers résidents étaient Nicky Siano et Ritchie Kazor, ensuite il y a eu Roy Todd, et ensuite Leroy Washington. Je ne faisais que les soirées privées, mais c'était fabuleux !
5. Tu as eu la chance de jouer pour des personnes telles que Stevie Wonder, Marvin Gaye, Diana Ross, Mick Jaegger et beaucoup d'autres. Qu'est-ce que tu en gardes comme souvenir ? Certaines de ces personnes sont devenues tes amis ?
Pour la plupart, je ne les connaissais pas vraiment, je faisais juste leurs soirées.C'était une très grande chance pour moi... Ca s'est passé comme ça, Marvin et Diana étaient là et m'ont demandé de venir jouer pour leurs fêtes... Sinon, j'ai quand même navigué un peu avec John Belushi et Keith Richards, quand j'étais au Studio 54 d St Thomas, dans les Iles Vierges.
6. Aujourd'hui, le Djing a tendance à se « stariser ». Beaucoup de DJ pensent plus à jouer leurs propres productions qu'à apporter quelque chose de neuf. Comment était le Djing dans les années 70 et 80 ? Tu te sens plus en phase avec cette discipline aujourd'hui ou bien à tes débuts ?
Il faut toujours essayer des nouvelles choses, sinon tu risques de passer pour un dinosaure ! Mais je n'aime pas tellement l'état d'esprit actuel. Il ya beaucoup de types qui se croient plus importants que la musique. La musique c'est la raison pour laquelle les gens sortent en club, pour rencontrer leurs amis, et pour ce lien social propre au club. Les DJ devraient être là pour les faire voyager avec la musique, et non pas pour avoir une attitude de poseur, ce qui est tout à fait inapproprié.
7. Tu n'es pas seulement DJ. Tu as aussi travaillé au sein du légendaire label PRELUDE, avec François Kevorkian. Tu as aussi travaillé en studio pour des groupes tels que Chic, Big Audio Dynamite et même Paul Mc Cartney. Quel était exactement ton job, chez Prelude et ensuite ?
8. Tu produis toujours aujourd'hui ?
J'avais arrêté pendant un moment, mais maintenant je suis en studio quasiment tous les jours.
9. Peux-tu nous dire, du haut de tes 30 ans d'expérience, si la scène club est en bonne santé ?
Oui, elle est en train bonne santé, ne vous méprenez pas ! Pour s'en rendre compte, il suffit de voir tout le « branding » qui est fait par tous les super clubs. Il n'est plus simplement question de sortir en club, ils veulent aussi que tu achètes tout le merchandising, le CD, la veste... et si tu ne fais pas cela, ils te disent que tu n'as pas connu « L'Expérience » !
10. Tu joues où prochainement ?
Bientôt à St Petersbourg, en Russie, avec une équipe de la BBC qui me suivra. Je vais jouer dans 4 clubs et ils font un reportage sur la “musique urbaine” en Russie post-communiste. Ensuite je serai à Moscou avec DJ James Fierce, puis à Bahrein pour la Formula 1 Party avec Jocelyn Brown, ensuite Singapour, la Thaïlande, le Japon. En mai je ferai l'ouverture d'un nouveau club à Kiev, ils ont acheté le même type de sound system que ceux de Richard Long comme au Ministry of Sound, au Paradise Garage, au Studio 54, au Sound Factory, au Zanzibar, ce qui les positionne immédiatement parmi les clubs de très grande qualité.